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6/02/2010

ESBARRES. La maison Berthaud est le dernier commerce du village
Monique Heim résiste
À Esbarres, tout le monde connaît la maison Berthaud, une bâtisse imposante située en face de l'église et qui abrite depuis des lustres une épicerie. Construite au début du XIXe siècle, elle appartenait à Charles Berthaud (négociant), lui-même fils de Léon Berthaud, négociant et cultivateur.
Les Coopérateurs de Lorraine ont permis à M. Lory d'en devenir le premier gérant, suivi de M. Ravenet, puis s'est installé un fromager M. Vanier avant Monique Heim, 68 ans, qui a racheté le fonds de commerce voilà vingt-deux ans, et qui accueille une clientèle qui se fait de plus en plus rare.
Heureusement qu'il y a les marchés du vendredi à Nuits-Saint-Georges et du samedi à Beaune où, aidée par son mari Jean-Pierre, elle propose « Les fromages de toutes les régions de France ».
« Ça nous permet de tenir, précise Monique Heim, au début on faisait des tournées, mais aujourd'hui c'est fini, les gens se déplacent plus facilement qu'autrefois. » Jean-Pierre, 71ans, s'occupe des comptes de l'épicerie, mais ce qu'il aime avant tout c'est écrire. Son dernier roman,
Le Savetier de Cocagne,
trouve bonne place à l'épicerie, sur un petit rayon, à la disposition des clients.
L'épicerie Heim n'est pas qu'une épicerie... Ony trouve un bar (la commune ayant racheté la licence IV) et, l'été, deux ou trois tables trônent en « terrasse », également du tabac...
Le Bien public,
des timbres-poste, et les habitants y déposent leur courrier qui sera ramassé par le facteur.
«Dans le temps, se rappelle Monique, il y avait au village une station-service, six cafés, deux bureaux de tabac et quatre épiceries. Aujourd'hui, je reste seule, je voudrai bien vendre etme retirer, mais les acheteurs ne se bousculent pas au portillon, et je ne veux pas que le dernier commerce du village disparaisse. »
En tout cas, dans les lieux qui semblent dater d'une autre époque, une ambiance sympathique règne entre les fruits et légumes, les conserves, le comptoir sur lequel chacun peut déguster un café ou boire l'apéritif, le rayon fromage bien sûr, et le coin tabac qui fait le bonheur des amateurs, le tout dans un mélange d'odeurs caractéristiques des vieux commerces d'antan.
« Vous savez, dans le commerce et l'artisanat, les temps sont durs, la concurrence rude, mais j'aime mavie et le contact avec la clientèle. » Qu'adviendra-t-il de l'épicerie Heim si le fonds n'est pas repris ?Monique n'ose pas y penser et continue, en attendant, à bichonner ses clients.

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